La protection de Paris contre l'incendie a longtemps été assurée par les habitants eux-mêmes. La ville étant construite essentiellement en bois, le moindre feu dégénérait souvent en catastrophe et s'étendait à tout un quartier. L'institution en 1254 du guet bourgeois ne devait pas améliorer sensiblement la situation, non plus que le fait de charger les moines des opérations d'extinction. Malgré toute leur bonne volonté, l'efficacité de leur action était limité par le manque de moyens. L’organisation du service de lutte contre les incendies est mal connue jusqu’à la fin du Moyen Âge. Le guet bourgeois se mettait à la disposition du guet et du prévôt royal en cas de sinistre. L’ordonnance du 6 mars 1363 stipule que les deux guets doivent pourvoir et remédier aux périls, inconvénient et maux qui tous pourraient survenir en ladite ville par le feu . En 1371, il est ordonné à toutes manières de gens, de quelques condition ou état qu’ils soient, de mettre un muid plein d’eau à leur huis, crainte du feu, sous peine de dix sols d’amende .
Arrivés à Paris peu avant 1220, les ordres mendiants ont très tôt assumé un rôle éminent dans la lutte contre l’incendie. Cordeliers ou franciscains, jacobins ou dominicains, augustins et carmes, malgré leur lourde et inflammable robe de bure, se distinguaient par leur intrépidité. Ainsi, dans la nuit du 7 mars 1618, alors que brûlait le Palais de justice, le ‘Mercure français’ note : On a vu plusieurs religieux augustins disparaître dans les décombres qui brûlaient encore et six carmes qui s ‘étaient imprudemment avancés sous la voûte de la Grande-Salle en feu n’ont pas reparu. On a remarqué surtout un père capucin qui a monté par deux fois sur les plombs de la Sainte-Chapelle pour y éteindre les brandons enflammés qui auraient pu compromettre cet édifice.
Le 1 mars 1667, Louis XIV crée la charge de lieutenant du prévôt de Paris pour la police. Ce fonctionnaire a dans ses attributions la défense contre l'incendie. Le titulaire, Nicolas-Gabriel de la Reynie va être l'organisateur des premiers pompiers parisiens. En octobre 1699 apparaît un perfectionnement capital : la pompe à incendie inventée au début du XVIème siècle en Bavière. La ville de Douai fut la première ville de France à utiliser une pompe importée de Hollande. Le 12 octobre 1699, un édit octroie à François Dumouriez du Périer le privilège de faire construire et fabriquer une pompe propre à éteindre le feu . Le roi achète douze de ces pompes qu’il offre à la Ville. Une ordonnance du 12 janvier 1705 autorise une loterie pour l’achat de douze nouvelles pompes déposées dans divers couvents parisiens. Un arrêt du Conseil du 10 mars 1722 porte le nombre des pompes à trente et crée une compagnie de gardes-pompes de soixante hommes, ancêtre des sapeurs pompiers. En 1750, cette compagnie fut en partie militarisée, dotée d’un uniforme, et son chef fut assimilé à un colonel. En 1767, elle fut portée à cent huit hommes. Chacun des douze postes de garde comptait trois hommes. Les gardes-pompes montaient la garde durant vingt-quatre heures tous les trois jours.
La Révolution supprime les ordres mendiants et transforme la compagnie des gardes-pompes en compagnie des pompes publiques dotées d’un drapeau et d’un effectif de deux cent soixante-dix hommes. Le décret du 27 février 1795 (le 9 ventôse an III) augmente encore le corps, le portant à trois cent soixante seize hommes divisés en trois compagnies et répartis entre trente corps de garde. L’arrêté consulaire du 6 juillet 1801 (17 messidor an IX) place la gestion du service sous la responsabilité du préfet de la Seine et son exécution sous celle du préfet de police.
L’incendie de l’ambassade d’Autriche, le 1er juillet 1810, en présence de l’Empereur, décide Napoléon Ier à réformer une institution qui n’avait pu éviter le désastre et la mort de l’épouse de l’ambassadeur. L'impératrice échappe de justesse aux flammes, mais des victimes de marque sont à déplorer. Le décret du 18 septembre 1811 le Bataillon des Sapeurs Pompiers de Paris est créé. Il comprend au début quatre compagnies. Deux des premières casernes sont encore utilisées de nos jours: Sévigné, qui fut occupée en 1813 par la 2e compagnie, et Colombier. Le bataillon de sapeurs pompiers est soumis aux règles militaires et reçoit un uniforme à peu près semblable à celui des troupes du génie. Désormais les sapeurs pompiers sont casernés pour empêcher l’absentéisme qui avait été la cause de la catastrophe de 1810. L'effectif du Bataillon augmente en même temps que la population de Paris. Il y a sept compagnies en 1855, dix en 1859.
L’extension de la ville et des tâches des sapeurs pompiers sous le second Empire justifie le décret du 5 décembre 1866 qui transforme le bataillon en régiment. La nouvelle organisation est mise en place le 1er janvier 1867. Plus de mille cinq cents hommes sont répartis entre deux bataillons, onze casernes et cent cinq postes de secours. à douze compagnies, structure qui subsistera jusqu'en 1939. En 1940 le Régiment assure la protection de tout le département de la Seine. Cette structure a durée un siècle. Le décret du 28 février 1967 crée la brigade de sapeurs pompiers de Paris dont le domaine couvre Paris et les trois départements limitrophes des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne . De moins de cinq mille en 1967, les effectifs de sapeurs pompiers ont progressé jusqu’à six mille sept cent soixante hommes en 1984, aujourd’hui ,en l’an 2009, la BSPP, avec un effectif d’actifs actuel de Huit mille trois cent vingt trois (8 323) personnels dont Trois cent quarante quatre officiers (soit 4% BSPP contre 16 % SP civils), + soixante quatre médecins, mille cinq cent soixante seize(1576) sous-officiers et six mille trois cent trente neuf (6339) militaires du rang, assure la qualité de son fonctionnement A ce jour près de 65 % des pompiers de Paris sont des provinciaux contre 80 % avant 2002. |